Terra Politica

10 février 2012

"je ne vois pas comment un centriste peut voter pour Nicolas Sarkozy"

Suite au dernier épisode en date de la dérive droitière de Nicolas Sarkozy*, Philippe Douste-Blazy, cofondateur de l'UMP dénonce ce "tournant majeur dans la campagne".

Pour Douste-Blazy, "Nicolas Sarkozy a décidé d'être à droite toute, de représenter cette droite pure et dure, cette droite réactionnaire". Dans un entretien à France2, ce vendredi 10 Février, il déclare ainsi "Avec un positionnement comme celui-là, je ne vois pas comment un centriste, un humaniste, un démocrate social peut voter pour Nicolas Sarkozy. C'est aux antipodes de nos valeurs".

"C'est une division qui est énorme, aller poser la question sur les chômeurs ou les immigrés", sermonne-t-il. "Diviser les Français, lorsqu'on est en charge de l'unité des Français, c'est très dangereux".

* dans un entretien accordé au Figaro Magazine publié ce samedi 11 Février 2012.

source : Le Parisien/Aujourd'hui

Posté par Mathias Lahire G à 12:30 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

08 février 2012

8 173 000 pauvres

En 2009, la France comptait 8 173 000 pauvres*, soit un nombre sans cesse croissant de pauvres en France depuis 1979 où ils étaient 7 454 000. Bien entendu, ce chiffre en valeur absolue est à relativiser avec une démographie en croissance constante. Mais ce qui est frappant avant tout, c'est la progression.

De 1970 à 1979, ce chiffre avait véritablement diminué. Mais la courbe n'a, depuis lors, cessé de croître à l'exception d'une période 1990-2000 où il est resté stable.

Ainsi, en 2009 c'était près de 13% de la population française qui vivait sous le seuil de pauvreté. Rappelons qu'au niveau mondial, la pauvreté touche près de 15% de la population.


*chiffres INSEE. Le seuil de pauvreté correspond à un niveau de vie inférieur à 954€ par mois en 2009.

À lire sur le sujet cette semaine dans Télérama n°3239 : un entretien croisé avec Martin Hirsch et Esther Duflo (chercheuse en économie).

Posté par Mathias Lahire G à 11:12 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

06 février 2012

100 000 à 200 000 foyers

C’est le nombre de foyers qui seront soumis à l’impôt sur le revenu en 2012, alors qu’ils ne l’étaient pas en 2011.

Malgré tous les grands dieux jurés par le gouvernement qu’il n’y aurait aucune hausse d’impôts consécutives aux différents plans de rigueur, 2012, année hystérique, verra une hausse généralisée de l’impôt sur le revenu.

En effet, en ayant décidé la désindexation du barême de l’impôt sur le revenu par rapport à l’inflation, lors du plan de rigueur de novembre 2011, pour les exercices 2012 et 2013, le gouvernement provoque le changement mécanique de tranche pour un certain nombre de foyers fiscaux, quand d’autres, jusque-là non-imposables, le deviendront tout aussi mécaniquement.

En effet, alors que les salaires augmentent en moyenne de 3% par an, pour suivre l’inflation (de 2,1% en 2011), le barême de l’impôt sur le revenu ne le prendra plus en compte. Cette hausse d’impôt déguisée en gel du barême va permettre à l’Etat de récupérer 1,7 milliard d’€ (quand la hausse de la TVA de 5,5% à 7% en ramène 1,8 milliard), mais surtout être supportée par les plus modestes.

Ainsi comme le montre Le Parisien dans son édition du 6 Février 2012, lorsque pour un célibataire ayant gagné 17 357€ en 2011 la hausse correspondra à une augmentation de 12,57%, elle ne représentera qu’une augmentation de 1,17% pour un couple sans enfant ayant gagné 204 200€ sur la même période. N’était-ce pas Fillon, qui la semaine dernière disait encore dans “Des Paroles et des Actes”, ne plus tolérer que le gouvernement soit assimilé à un gouvernement favorisant les plus riches ?

Pour ce qui du Président-pas-encore-candidat, qui déclarait le 29 janvier dernier, que toute hausse d’impôt était exclue, préfèrons ce dessin de Gros publié dans Marianne* dans lequel il déclare “J’ai dis que je serai le Président du pouvoir d’achat... Je n’ai jamais dit qu’il allait augmenter”.

*Marianne n°772 du 4 au 10 Février 2012

Sources : Le Parisien/Aujourd'hui du 6 Février 2012 ; Le Nouvel Obs.fr ; Canal+

03 février 2012

B comme bling-bling

B comme Bling-Bling

Et l’on poursuit l’alphabet des cinq années Sarkozy, par ce terme qui trouve ses origines dans le mouvement hip-hop des années ’80 aux Etats-Unis. Tombé en désuétude dans les années ’90, le tout nouveau président a rapidement remis l’expression au goût du jour, après son élection de Mai 2007. À son corps défendant selon toute vraisemblance, mais il dut admettre l’avoir bien cherché.

Tout commença par la soirée très oligarque russe, au Fouquet’s, le soir de sa victoire. Entouré des mondains et vedettes de droite en plein coming-out, le quinquennat balbutiant commençait sous le signe de l’ostentation aussi décomplexée que Sarkozy voulait la droite. Puis il concevait ce qu’il souhaitait être une retraite de réflexion dans un monastère en des vacances sur le yacht de son ami Vincent Bolloré. Les Ray-Ban miroir en toutes circonstances, la promesse (prochainement vérifiable ?) de “faire de l’argent après la politique” complétèrent rapidement le tableau de son goût trop visible pour l’argent et ses signes extérieurs. Avec la Rolex qu’il affichait grossièrement avant d’être débilement défendue par le cramé Séguéla, le qualificatif de Président bling-bling allait lui coller définitivement à la peau comme le sparadrap au doigt du Capitaine Haddock.

Ainsi Sarkozy ne parvint jamais vraiment corriger cette image bling-bling, symbole d’un divorce quasi-immédiat avec les Français.

Posté par Mathias Lahire G à 09:58 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

02 février 2012

20 millions d'€uros

20 millions d'€, c'est le montant des dépenses de fonctionnement du SIG (Service d'Information du Gouvernement), rattaché à Matignon. Comme le revèle un rapport de la Cour des Comptes (rapporté par Le Monde daté du 31/01/2012), "ces dépenses ont littéralement explosé" depuis le début du Quinquennat. De 4,9 millions d'euros en 2007, à 16,5 millions d'euros en 2010, pour donc atteindre 20 millions d'euros en 2011.

À l'heure où les dépenses publiques sont sur toutes les lèvres, principalement pour y procéder à des économies plus ou moins pertinentes, il serait sain de s'attarder sur ces dépenses d'information, consistant essentiellement en une utilisation boulimique de sondages d'opinion et de conseils en communication toujours plus onéreux, et si souvent vains.

De plus, le même rapport établit une hausse du budget global de Matignon, qui a progressé en 2011 de 12,2% par rapport à 2010. La politique de l'exemple ne serait-elle qu'un slogan que l'on ressortirait tous les cinq ans ?

source : Le Monde

Posté par Mathias Lahire G à 12:35 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

26 janvier 2012

La parabole du joueur de tennis

Voilà la campagne présidentielle bientôt définitivement lancée. Dimanche prochain, Nicolas Sarkozy annoncera probablement sa candidature sur toutes les chaînes de France. Mais il y a déjà un moment qu’ils sont tous versés dans la compétition.

Mais, en parlant de compétition, une chose devient véritablement usante à force de l’entendre saturer nos oreilles : l’incontournable compétitivité française !

Il n’est pas ici question de nier l’évidence d’une économie mondialisée, de cette compétition planétaire du marché mondiale que sont devenus les échanges de produits entre unions, pays, régions, et entreprises. Il est uniquement question d’envisager lever la tête du guidon un instant pour savoir si le plan de jeu est le bon.

Mondial Open

Dans cette compétition, désormais tous les pays du monde, ou presque, ont accepté dans leur acception la plus générale les règles du jeu : le capitalisme.

Imaginons un instant que ce sport mondial, s’appelle le tennis (en cette deuxième semaine de l’Australian Open, un parallèle m’a paru possible). Le G20 correspondrait aux vingt meilleurs joueurs mondiaux. Ces vingt joueurs sont ceux qui gagnent le plus fréquemment, qui ont le plus d’influence sur le jeu et ses évolutions, signent les plus gros contrats, ont la plus grande exposition médiatique, et sont par voie de conséquence les plus riches. Derrière les vingt, les cents suivants ne rêvent que d’une chose : leur ressembler, les rattraper, les dépasser.

Sans même parler de tous les joueurs, prenons l’exemple d’un match entre deux joueurs parmi ces vingt meilleurs. Ces deux joueurs pratiquent le même sport, le tennis ; selon les même règles, le capitalisme.

Compétitivité

Entre ces deux joueurs, une différence : le joueur A est bien meilleur du fond du court que le joueur B. Si l’on ne mesure la compétitivité des deux joueurs qu’à l’aune du jeu de fond de court, l’on concluera invariablement que le joueur A est meilleur que le joueur B. Mais les règles du tennis imposent-elles de ne jouer que du fond de court ? Non, bien évidemment ! Pourtant c’est que semblent vouloir nous expliquer la grande majorité de ceux qui se font fort de nous apprendre le jeu, et qui demandent de les choisir comme coach du joueur B.

Ils le conseillent du bord du court, d’essayer de contrer, et de battre le joueur A sur son point fort en voulant faire mieux que lui du fond du court ! Le joueur B fatigue, perd de la lucidité, se trouve acculé et finalement perd. Cette attitude frileuse ne peut espérer qu’un accident de l’adversaire. Mince espoir.

Mais le capitalisme n’oblige en rien le joueur B à courir après la balle en tous sens au fond du court ! Si le joueur B cherchait la solution ailleurs... En inventant quelque chose de nouveau, d’innattendu, il déstabilisera le joueur A et marquera des points. En variant son jeu, en montant au filet, il prend certes des risques (passing, balles dehors...), mais surtout il prend la seule chance qu’il a : créer quelque chose de nouveau pour ne plus subir.

Créativité

À continuer de courir après la balle, le joueur B est sûr de perdre, mais aussi de s’épuiser. En montant au filet, il n’est pas sûr de gagner, mais il aura dans tous les cas encore de l’énergie pour le matchs suivants.

Ainsi, pour ne plus subir un dumping social, industriel, financier du joueur A chinois par exemple, le joueur B français a intérêt à penser monter au filet (exemple: le smash industrie écologique, les volées produits à forte valeur ajoutée et  produits de qualité, l’amortie innovation, etc.). Reste à savoir quel coach en France a la vision pour nous proposer cela dans les semaines à venir ?

Ne mesurons plus notre compétitivité en terme de fond de court, mais aussi en terme de variation et créativité. Nous pouvons être compétitif en étant créatif.

25 janvier 2012

A comme Augmentation

Dans cette nouvelle rubrique, L’abécédaire du Quinquennat, le bilan du “moment Sarkozy” décliné en 26 lettres, devrait permettre d’établir que l’on peut tellement mieux faire de cinq années de pouvoir...

A comme Augmentation

Élu sur une promesse d’augmentation, “Travailler plus pour gagner plus”, Nicolas Sarkozy sera parvenu augmenter beaucoup de choses, sauf le pouvoir d’achat des français.

-       Augmentation du chômage de plus de 33% depuis 2007, pour atteindre près de 10% de la population active. Pire la France décroche de ses partenaires européens qui ont connu la même crise: 6% en Allemagne, 4,2% aux Pays-Bas, 7% au Danemark, 7,6% au Royaume-Uni (chiffres 2011 Insee, Eurostat).

-       Augmentation de la dette publique à plus de 84,6% du PIB en 2011 et une prévision de 86% en 2012 (contre 63,9% en 2007). La promesse du candidat Sarkozy avait  été de parvenir à la réduire à moins de 60%. Cette augmentation fait de Nicolas Sarkozy le président de la Ve Répulbique le moins efficace dans le contrôle de la dette, et c’est peu dire ! (L'Express, Le Point)

-       Augmentation des prélèvements obligatoires. En 2007 le taux de prélèvements obligatoires était de 43,2%. Nicolas Sarkozy avait promis une baisse de 4 points durant son mandat. En 2012, ces prélèvements obligatoires atteindront un taux de 44,5% (et un record à l’horizon 2015 avec plus de 45%) selon le budget 2012. (source AFP)

-       Augmentation du salaire de Président de la République. Sarkozy, dés octobre 2007 décide d’augmenter sa rémunération de 140% (de 100 000 à 240 000 € / an). Le dernier Président Français à s’être augmenté était le Général de Gaulle (mais lui payait ses dépenses courantes. Ce que n’a fait aucun de ses successeurs). (Europe1, L'Express.fr).

Pour en savoir plus sur la dette, et notamment la différence entre dette et déficit, ici

20 janvier 2012

"je veux m'engager sur le plein emploi..."

Certes elle n'est pas vraiment du jour cette phrase de Nicolas Sarkozy. Elle date de Janvier 2007, lorsque le candidat Sarkozy expliquait à Arlette Chabot que "la démocratie il faut qu'elle vive" et que c'est aux français que le président de la République doit rendre des comptes à l'issue de son mandat.

Cette semaine s'est déroulé le sommet social de la montagne crise qui accoucha d'une souris de mesurettes. Il est loin le temps des promesses de 5% de chômeurs à la fin du quinquennat. À moins d'un tour de magie, réduire le taux de chômage en France de 9,8% à 5% d'ici Avril semble bien impossible. Méditons alors ces paroles de Nicolas Sarkozy candidat en 2007 dans cette émission À Vous de Juger :

« Je veux m’engager, par exemple, sur le plein emploi : 5 % de chômeurs à la fin de mon quinquennat. Et ce travail, on nous demande pas une obligation de moyens, Mme Chabot, on nous demande une obligation de résultats. C’est quand même extraordinaire, la démocratie il faut qu’elle vive. Si on s’engage sur 5 % de chômeurs et qu’à l’arrivée il y en a 10, c’est qu’il y a un problème.
— Vous dites : objectif 5 % pour le chômage. Si vous êtes élu, au bout de votre mandat, au bout de cinq ans, vous n’arrivez pas à ce chiffre, vous dites : "Je ne peux pas me représenter" ?
Je dis aux Français : C’est un échec et j’ai échoué. Et c’est aux Français d’en tirer les conséquences. »

Ainsi donc, aux français de juger, au terme de son mandat, nous devons en tirer les conséquences. Pour une fois qu'un conseil de Sarkozy semble bon à suivre !

source: LeMonde.fr

 

Posté par Mathias Lahire G à 11:22 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,