"L'ampleur du rétablissement* dépendra de l'intensité avec laquelle nous ferons valoir des valeurs plus nobles que le simple profit monétaire". Ainsi parlait Franklin D. Roosevelt le 4 Mars 1933 lors de son discours d'investiture après sa première victoire à l'élection présidentielle des Etats-Unis.

Tout au long de ce discours, en pleine crise mondiale, l'acuité des mots du nouveau président américain résonne jusqu'à l'actualité de notre crise actuelle. Au sujet des pratiques des agents de change (facilement assimilable aujourd'hui aux traders et autres opérateurs), il déclarait ainsi : "Ils ne connaissent que les lois d'une génération d'égoïstes. Ils n'ont aucune vision, or sans vision, les peuples périssent".

Il serait également heureux que nombre d'hommes politiques actuels parviennent à s'élever à ce point à hauteur de leur fonction, quand Roosevelt estime que "reconnaître la fausseté de la richesse matérielle comme critère du succès va de pair avec l'abandon de la croyance erronée selon laquelle les responsabilités publiques et les hautes positions politiques n'ont de valeur qu'en fonction de l'honneur et du bénifice personnel qu'on en tire". Le bling-bling sarkozyste et l'obsession d'un succès narcissique qui a court aujourd'hui sont alors si loin.

 

*face à la crise, de 1929 à l'époque

source : discours d'investiture de Franklin D. Roosevelt, éd. Point