Oyez, oyez bonnes gens ! L'année nouvelle s'ouvre tandis que sonnent les trompettes de la renommée au passage de ceux qui courent à la vaine érection de la leur. La grande boucle de la trompette de l'année est déjà lancée. Et le sommet sera long à gravir pour tous les candidats au maillot à pois chiches.

Adepte d'ascension de cols des périnées en danseuse, Nicolas Sarkozy s'est équipé d'un joli quarteron de pompes à vélo. Au premier rang de l'orchestre, les trois premiers violons qui grincent, bien plus souvent qu'on ne leur demande, au son de leur archet de mauvais crin, mais de bons bourrins. Nadine "Ordralfabétix" Morano vend des panés d'élevage pour des bars de ligne, Frédéric "Elsève" Lefebvre mousse de trop parce qu'il ne vaut rien, et la grosse caisse David "Cinq Centimes" Douillet résonne comme un tambour. Les triplettes du Château, en lutte pour le bonnet de chef d'escadrille, ont vu un tango-leader se dégager en tête de formation à la vitesse du Concorde en flamme. En ces premiers jours de l'année qui devrait, espère-t'on, nous voir être débarrassé pour un temps de ces chandeliers aux pieds nickelés, la seule “elle” au milieu des “Lui”, leur a signifié qu'ils pouvaient déjà se la punaiser en poster aux murs de l'UMP ou de leur ministère.

CH1021

M&M’s

En effet, Nadine la poissonnière les a lâché dés les premiers lacets de l'année. Dans le peloton UMP, celle que l'ont surnomme déjà le fakir de Toul a avalé les premières épingles, et décide de commencer l'année en filant des coups de boule à tous les gros panneaux qui se présentent sur le bord de la route du col.

Le M&M's (pour Meurthe-et-Moselle) Nadine Morano agite sa cacahuète dès qu'une lumière ou un micro paraît. Elle voudrait décoller et être légère comme un pop-corn dans le vent. Mais arachide, gravité, et E étant toujours égal à MC2, elle se crashe presque toujours. Et sous les sunlights brûlants, la cacahuète orpheline de tout enrobage, Morano tâche. Et le chocolat fondu au soleil des médias, ça laisse des traces que les tous les omo-communicants du monde ont du mal à effacer : légitimation du kärcher, stigmatisation des jeunes de banlieue, humour de corps de garde, anti-datisme primaire.... Rien ne l'effraie l'échappée Morano. En 2012, le maillot est souillé des années passées, mais elle attaque bille en tête Janvier.

Ça commence par une série de tweets aussi passionnant qu’une liste de course, celle qui “tweet plus vite que ses doigts” (sic) enchaine par une over-réaction imbécile au micro de France Inter suite à une chronique biographique pas vraiment “hagio” de Sophia Aram.

Plutôt que de se draper dans un silence (où ça?) digne et élégant (quoi ça?), la cafetière du commerce lorraine remet le couvert le soir même sur France 5, inventant au passage des excuses de Philippe Val et prétendant que Sophia Aram a voulu se faire un buzz sur son dos pour remplir ses salles. Bref, on crut voir une collégienne pleureuse, de ces cafteuses qui n'ont pas d'amis, et en inflige la raison à tout le monde excepté à sa non-amabilité évidente et à sa criante bêtise. Exagération me direz-vous ? Je soumets à votre réflexion ce off de coulisse de la maison ronde : pour enfin expliquer qui était Bernard Guetta, éditorialiste de France Inter qu’elle ne connaît pas, on suggéra à l’inculte qu’il s’agit du frère de David Guetta. Force est de constater qu’en matière d’intellecte, la ministre respire plus des aisselles que comme Hessel.

Sur orbite

Suivant le bon adage, "un con, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît", dame Nadine s'attèle dans la foulée à féminiser ledit aphorisme... où va se nicher le féminisme de la cacahuète tout de même! Et comme elle ne s'arrête jamais, sinon elle s'étouffe, dés le lendemain matin, 8h et des minutes, en direct sur BFM TV et RMC, Nadine Morano confond sa mission "faire dire n'importe quoi aux chiffres", et son talent "dire n'importe quoi". Sauf que là, tout de suite, ça s'est vu.

Face à elle, Jean-Jacques Bourdin, plus qu'un panneau, dressait tranquillement, au mortier traditionnelle, un mur de bonnes briques. La tête dans le guidon, Morano n'a pas vu le mur. Et gaiement, le casque de joli maroquin en tête, la ministre fracassa le mur pour une bête histoire de TVA allemande qui est en réalité non pas supérieur de 3% à la TVA française, mais 0,6% inférieure. La tête vraiment dure et la cacahuète visiblement pas ébranlée du tout, Mme Morano ne tomba pas de selle, bien qu'il y ait encore du chocolat partout. Toujours dans le but évident de ne pas s'étouffer, face à Bourdin qui lui indiquait-là du doigt la grosse lune de son ignorance, Nadine regarda un instant le doigt pointé et repris sa course en un flot ininterrompu de paroles. Si elle venait à échouer dans son ascension du col, Cette femme serait parfaite en horloge parlante: "grâce à Nicolas Sarkozy, il est 8h 42 minutes et trente secondes... grâce à Nicolas Sarkozy, il est 8h42 et quarante secondes...".

Lâché de flûtiaux

Les deux autres joueurs de flûte de l'UMP, n'ont qu'à se l'entendre pour dit: 2012, le titre de trompette de l'année ne devrait pas échapper à Nadine Morano, sauf incident... la délicieuse incertitude du sport. Il faut dire que les pauvres ont des roues un peu carrées et se trouvent forts occupés. Lefebvre part en Erasmus aux Etats-Unis, pour voir si le parfum de la stupidité de ses propos est moins capiteux en anglais.

Le bon Douillet prend enfin des cours de français en accéléré, mais par correspondance. À la maison, c'est plus douillet, mais surtout à l'école des ministres, ils lui auraient passé la... ceinture noire au cirage. Il veut faire fructifier la petite pièce jaune qui teinte dans sa tête et espère qu'une petite cure de créatine intellectuelle lui permettra de remplir un costume de ministre trop plein de courants d'air, pour lui qui n'aurait jamais dû porter autre chose qu'un kimono. Ils ont autre chose à faire qu'à jouer à celui qui crache son chewing-gum le plus loin. De toutes façon, à ce jeu-là mon vieux, Nadine, elle est terrible.

Mais qu'ils se méfient tous les deux. L’ascension ne fait que commencer. Derrière, ça revient très fort. Un gruppetto droite populaire sont sur leurs talons, langue pendue, souffle court mais bien fétide, il se rapprochent. Ceux-là sont bêtes et méchants, quand notre triplette n'est qu'irrécupérablement imbécile.

Si la fin du monde nous laisse tranquille, le sprint pourrait être intéressant et pourquoi pas nous faire du petit bois pour l'hiver prochain, dans le cas d'une chute collective en vue de la ligne. Ça nous ferait un joli tas de... bûches.