Voilà la campagne présidentielle bientôt définitivement lancée. Dimanche prochain, Nicolas Sarkozy annoncera probablement sa candidature sur toutes les chaînes de France. Mais il y a déjà un moment qu’ils sont tous versés dans la compétition.

Mais, en parlant de compétition, une chose devient véritablement usante à force de l’entendre saturer nos oreilles : l’incontournable compétitivité française !

Il n’est pas ici question de nier l’évidence d’une économie mondialisée, de cette compétition planétaire du marché mondiale que sont devenus les échanges de produits entre unions, pays, régions, et entreprises. Il est uniquement question d’envisager lever la tête du guidon un instant pour savoir si le plan de jeu est le bon.

Mondial Open

Dans cette compétition, désormais tous les pays du monde, ou presque, ont accepté dans leur acception la plus générale les règles du jeu : le capitalisme.

Imaginons un instant que ce sport mondial, s’appelle le tennis (en cette deuxième semaine de l’Australian Open, un parallèle m’a paru possible). Le G20 correspondrait aux vingt meilleurs joueurs mondiaux. Ces vingt joueurs sont ceux qui gagnent le plus fréquemment, qui ont le plus d’influence sur le jeu et ses évolutions, signent les plus gros contrats, ont la plus grande exposition médiatique, et sont par voie de conséquence les plus riches. Derrière les vingt, les cents suivants ne rêvent que d’une chose : leur ressembler, les rattraper, les dépasser.

Sans même parler de tous les joueurs, prenons l’exemple d’un match entre deux joueurs parmi ces vingt meilleurs. Ces deux joueurs pratiquent le même sport, le tennis ; selon les même règles, le capitalisme.

Compétitivité

Entre ces deux joueurs, une différence : le joueur A est bien meilleur du fond du court que le joueur B. Si l’on ne mesure la compétitivité des deux joueurs qu’à l’aune du jeu de fond de court, l’on concluera invariablement que le joueur A est meilleur que le joueur B. Mais les règles du tennis imposent-elles de ne jouer que du fond de court ? Non, bien évidemment ! Pourtant c’est que semblent vouloir nous expliquer la grande majorité de ceux qui se font fort de nous apprendre le jeu, et qui demandent de les choisir comme coach du joueur B.

Ils le conseillent du bord du court, d’essayer de contrer, et de battre le joueur A sur son point fort en voulant faire mieux que lui du fond du court ! Le joueur B fatigue, perd de la lucidité, se trouve acculé et finalement perd. Cette attitude frileuse ne peut espérer qu’un accident de l’adversaire. Mince espoir.

Mais le capitalisme n’oblige en rien le joueur B à courir après la balle en tous sens au fond du court ! Si le joueur B cherchait la solution ailleurs... En inventant quelque chose de nouveau, d’innattendu, il déstabilisera le joueur A et marquera des points. En variant son jeu, en montant au filet, il prend certes des risques (passing, balles dehors...), mais surtout il prend la seule chance qu’il a : créer quelque chose de nouveau pour ne plus subir.

Créativité

À continuer de courir après la balle, le joueur B est sûr de perdre, mais aussi de s’épuiser. En montant au filet, il n’est pas sûr de gagner, mais il aura dans tous les cas encore de l’énergie pour le matchs suivants.

Ainsi, pour ne plus subir un dumping social, industriel, financier du joueur A chinois par exemple, le joueur B français a intérêt à penser monter au filet (exemple: le smash industrie écologique, les volées produits à forte valeur ajoutée et  produits de qualité, l’amortie innovation, etc.). Reste à savoir quel coach en France a la vision pour nous proposer cela dans les semaines à venir ?

Ne mesurons plus notre compétitivité en terme de fond de court, mais aussi en terme de variation et créativité. Nous pouvons être compétitif en étant créatif.