B comme Bling-Bling

Et l’on poursuit l’alphabet des cinq années Sarkozy, par ce terme qui trouve ses origines dans le mouvement hip-hop des années ’80 aux Etats-Unis. Tombé en désuétude dans les années ’90, le tout nouveau président a rapidement remis l’expression au goût du jour, après son élection de Mai 2007. À son corps défendant selon toute vraisemblance, mais il dut admettre l’avoir bien cherché.

Tout commença par la soirée très oligarque russe, au Fouquet’s, le soir de sa victoire. Entouré des mondains et vedettes de droite en plein coming-out, le quinquennat balbutiant commençait sous le signe de l’ostentation aussi décomplexée que Sarkozy voulait la droite. Puis il concevait ce qu’il souhaitait être une retraite de réflexion dans un monastère en des vacances sur le yacht de son ami Vincent Bolloré. Les Ray-Ban miroir en toutes circonstances, la promesse (prochainement vérifiable ?) de “faire de l’argent après la politique” complétèrent rapidement le tableau de son goût trop visible pour l’argent et ses signes extérieurs. Avec la Rolex qu’il affichait grossièrement avant d’être débilement défendue par le cramé Séguéla, le qualificatif de Président bling-bling allait lui coller définitivement à la peau comme le sparadrap au doigt du Capitaine Haddock.

Ainsi Sarkozy ne parvint jamais vraiment corriger cette image bling-bling, symbole d’un divorce quasi-immédiat avec les Français.